I l y a plusieurs années que j’ai pris la parole dans le cadre d’une activité organisée par l’ACPIR. En fait, j’étais encore un avocat en exercice. La conférence annuelle se tenait à St. John’s et ma présentation était consacrée aux accords portant sur l’octroi d’un délai de grâce. En publiant le présent article, je souhaite vous faire part de quelques observations concernant l’importance du travail des syndics autorisés en insolvabilité (SAI) pour les juges et la façon dont il nous aide à exercer nos fonctions. Je vous proposerai aussi quelques points à garder à l’esprit dans vos interactions avec les tribunaux. Pour commencer, il me semble important de rappeler quelques réalités : a)  Les SAI sont les seuls professionnels autorisés à administrer les procédures d’insolvabilité réglementées par le gouvernement sous le régime de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité (LFI). b)  Tout séquestre nommé pour prendre possession de la quasi- totalité des actifs d’une personne insolvable doit être un SAI. c)  Les contrôleurs qui participent aux procédures sous le régime de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) doivent être des SAI. Songez au rôle du contrôleur – on nous dit que les lois des autres pays régissant les restructurations ne prévoient aucun intervenant similaire et que la participation du contrôleur est souvent citée comme la principale raison pour laquelle les restructurations menées au Canada sont moins litigieuses, plus Commentaires d’un juge Sur le rôle des syndics autorisés en insolvabilité dans la pratique L’article qui suit est une traduction de la version révisée de la transcription d’une présentation donnée par l’honorable Darrell Stephenson au cours de la Conférence annuelle de l’ACPIR tenue en août 2018 à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard. rapides et plus économiques que les procédures correspondantes aux États-Unis. En plus d’approuver le caractère équitable des plans d’arrangement, les contrôleurs doivent exprimer leur opinion, entre autres, sur la priorité concernant le financement de débiteur-exploitant, les cessions, les résiliations de contrats et les ventes d’actifs. De plus, conformément au principe selon lequel les contrôleurs sont les yeux et les oreilles des juges, les tribunaux leur ordonnent fréquemment de participer à la résolution des questions litigieuses susceptibles de nuire à la réussite d’une restructuration. En résumé, il ne se passe pas grand- chose dans le domaine de l’insolvabilité sans la participation des SAI. À mon Volume 19 Issue 1 Rebuilding Success 55