ELISABETH LANG T oute première femme nommée surintendante des faillites au Canada, Elisabeth Lang est une fonction- naire véritablement au service du public. Avocate au sein de l’administration fédérale pendant une grande partie de sa carrière, elle a toujours eu à cœur d’amé- liorer la vie des gens. « Je m’efforce constamment d’obtenir des résultats dans l’intérêt des Canadiens », explique Mme Lang, qui a été nommée en octobre à la tête de l’organisme chargé du système d’insolvabilité national. « Le Bureau du surintendant des faillites (BSF) doit faire en sorte que tous les intervenants remplissent leur rôle et s’acquittent de leurs responsabilités. Ce volet de son mandat a toujours présenté un intérêt particulier à mes yeux. Le bon fonctionnement du système d’insolvabilité repose sur un juste équilibre et l’exercice de ces rôles. » Je souhaite aussi mettre des outils à la disposition des Canadiens endettés pour les aider à gérer leurs dettes et à trouver le plus rapidement possible la solution qui convient. » Elisabeth Lang est assurément qualifiée pour occuper son nouvel emploi et elle possède une vaste expérience du système juridique canadien. La majeure partie de sa carrière de plus de 20 ans dans la profession juridique a été centrée sur le système financier canadien, en particulier le système d’insolvabilité. Mme Lang a été pendant près de 10 ans surintendante associée, Politiques des programmes et Affaires réglementaires au BSF. Elle a ensuite travaillé au Bureau de la concurrence comme chef de cabinet du commissaire de la concurrence, puis à titre de sous-commissaire déléguée. Dans son nouvel emploi, la nouvelle surintendante mettra à profit une perspective axée sur la recherche du consensus. Elle misera aussi sur le maintien et le renforcement d’un système d’insolvabilité qui a bien fonctionné dans ses beaux jours et ses jours plus difficiles pendant des dizaines d’années. PROMOTION DE LA DIVERSITÉ Elisabeth Lang tient à ce que le milieu de l’insolvabilité en général tienne compte de l’évolution démographique du Canada. Elle a l’intention d’examiner attentivement les questions de l’équité et de la diversité. « J’aimerais accroître la diversité et la représentativité de l’industrie, d’autant plus que je suis la première femme nommée surintendante des faillites », affirme-t-elle, précisant que la surintendante associée Patricia Alférez a occupé ce poste à titre intérimaire en 2008. « Le poste de surintendant a été créé en 1932. D’après moi, on aurait dû y nommer une femme avant aujourd’hui. Mais la réalité, c’est que je suis la première. C’est important pour moi non seulement dans l’optique du genre, mais aussi dans celle de la représentation des Canadiens. Comme ils constituent la clientèle de l’industrie, les Canadiens doivent pouvoir se reconnaître et être bien représentés afin de recevoir des services appropriés. » Mme Lang prévoit travailler en étroite collaboration avec Chantal Gingras, présidente de l’ACPIR, entre autres, pour explorer des possibilités de promouvoir la diversité dans l’administration du système d’insolvabilité. « Lorsque j’ai participé au CAIRP Exchange à Toronto, mentionne-t-elle, j’ai été vraiment encouragée par le nombre de femmes qui m’ont approchée pour discuter avec moi de leur travail et de leur expérience. » Chantal Gingras, qui a fait la connaissance d’Elisabeth Lang en 2013 au cours de son premier mandat au sein du conseil d’administration de l’ACPIR, affirme avoir toujours apprécié le fait de pouvoir avoir une discussion franche et ouverte avec elle sur les enjeux concernant l’industrie de l’insolvabilité. « J’ai l’impression que nous alimentons mutuellement notre réflexion critique sur les enjeux, explique Mme Gingras. Quand nous sommes en désaccord, nous le reconnaissons et passons simplement à autre chose. « Comme Elisabeth a travaillé au BSF de 2007 à 2016, elle comprend très bien l’industrie de l’insolvabilité. D’après mon expérience, elle a fait preuve des qualités que doit posséder le surintendant, à savoir l’intégrité et l’honnêteté. Elle est aussi une communicatrice efficace qui semble toujours passionnée et dévouée. » Mme Lang a pour mission de collaborer – terme qu’elle utilise fréquemment – avec les partenaires du BSF pour fournir aux Canadiens l’information dont ils ont besoin et les aider lorsqu’ils sont aux prises avec de graves difficultés financières. Elle insiste sur le fait que l’inclusion est essentielle pour s’assurer que la population reçoit les services voulus. Par conséquent, en plus de se faire connaître auprès des divers groupes ethniques au sein de la population en pleine mutation, le milieu doit mieux comprendre les besoins du Canada d’aujourd’hui. « Nous voulons trouver les bonnes solutions pour résoudre leurs problèmes d’endettement aussi vite et directement que possible, déclare la nouvelle surintendante. « C’est pourquoi nous nous activerons aux niveaux fédéral et provincial et dans l’ensemble du secteur privé pour joindre un maximum de personnes. Et nous explorons actuellement des outils novateurs pour aider les Canadiens à trouver l’information utile et la solution à leur problème tout en continuant de promouvoir quelques-uns de nos outils existants. » D’après Elisabeth Lang, le changement a du bon, en particulier lorsqu’il vise à améliorer l’expérience de personnes qui ont réellement besoin d’aide. Mais elle est aussi consciente que le BSF doit absolument s’efforcer d’atteindre le but fondamental du système d’insolvabilité – le redressement de la santé financière des consommateurs et des entreprises afin que les dizaines de milliards de dollars d’actifs qui passent dans le système soient réinjectés dans l’économie et utilisés à des fins productives. À son dire, le système fonctionne bien et on doit apporter les changements avec précaution et précision. ENGAGEMENT, APPLICATION DE LA LOI ET EXCELLENCE ORGANISATIONNELLE « Mes trois secteurs d’intervention prioritaires sont l’engagement, l’application de la loi et l’excellence organisationnelle. Et je considère que nous devons nous attaquer sans tarder à ces aspects, ajoute Mme Lang. « Nous nous concentrerons sur ces trois secteurs à la réunion de planification du BSF. De plus, j’espère consulter les syndics autorisés en insolvabilité (SAI) sur nos priorités pour 2019-2020 avant d’y mettre la dernière main. Le but est d’accroître la transparence et il est préférable de connaître l’opinion d’un plus grand nombre de personnes. » Elisabeth Lang affirme être emballée d’assumer ses nouvelles fonctions, car le rôle de surintendante lui permettra de Volume 19 Issue 1 Rebuilding Success 19